Les résidences d’artistes Art Explora – Cité internationale des arts 2021

La fondation Art Explora s’associe avec la Cité internationale des arts pour co-construire un programme de résidences inédit à destination des artistes et chercheur·euses du monde entier. Le programme donne la possibilité à ces artistes et chercheur·seuses de développer un travail de recherche et de création au cœur de Paris, en lien avec la scène artistique et professionnelle française.

Il encourage la création sous toutes ses formes tout en facilitant sa diffusion auprès du plus grand nombre. La médiation auprès de tous les publics, y compris des plus éloignés, et la rencontre avec les artistes seront des axes importants de ce dispositif, en cohérence avec la mission générale d’Art Explora.

La 1ère session débute au printemps 2021 et accueille 13 résident·e·s .

Tout savoir sur les résidences d’artistes

Le programme 2021

Tout au long de leur résidence, les artistes bénéficieront d’un accompagnement sur-mesure, d’une mise en relation avec les professionnels de la scène françaises et internationale et avec les autres résidents de la Cité internationale des arts, notamment grâce à la construction d’un nouvel espace commun d’échange et de collaboration au sein du site de Montmartre. 

Art Explora et la Cité internationale des arts mettront également en place un programme ouvert sur l’extérieur de rencontres d’artistes avec visite des lieux et des ateliers ainsi que des workshops, performances, projections de films etc. Ce programme permettra tout au long de l’année de rencontrer les artistes et de découvrir leur travail.

Les résidents

Première session – à partir du printemps 2021

Programme SOLO

Brook Andrew

Artiste, Australie

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Brook Andrew

Artiste, Australie, 1970

Né en 1970, Brook Andrew figure parmi les artistes les plus en vue dans le milieu de l’art contemporain en Australie et en Asie du Pacifique. À travers sa pratique de disciplines variées et toujours très bien documentées, Brook Andrew crée des œuvres d’art percutantes et des expositions immersives. Il cherche sans cesse à proposer au public des moyens d’interpréter autrement le monde et son patrimoine, individuellement et collectivement. Il a assuré la direction artistique de la Biennale de Sydney, en 2020. Ces dernières années, il a participé à de nombreuses expositions internationales. Ses œuvres ont également été présentées lors de nombreux événements : à la galerie nationale d’Australie de Canberra (Australie, 2017), lors de la Biennale de Yinchuan, au musée d’art contemporain de Yinchuan (Chine, 2016), au musée d’archéologie et d’anthropologie de Cambridge (Royaume-Uni, 2016), au musée de Lakhenhal de Leiden (Pays-Bas, 2015), à l’Institut d’art contemporain de Perth (PICA) (Australie, 2015), à la TATE Britain de Londres (Royaume-Uni, 2015), au musée national du Victoria de Melbourne (Australie, 2015), etc. Il est représenté par la Galerie Nathalie Obadia (Paris/Bruxelles).

Le projet : Alternative perspectives

Je développe de nouvelles recherches et œuvres d’art en lien avec le discours actuel et les appels au passage à l’acte concernant le rapatriement et la restitution d’objets culturels dans les musées. J’ai longtemps été inspiré dans ma pratique des arts visuels par les traditions de sculpture sur bois et d’arbres cérémoniels de la Nation Wiradjuri, dont je descends – des pratiques culturelles qui ont été grandement perturbées par la colonisation, y compris par les activités des musées qui ont déplacé ces arbres. L’œuvre s’inspirera en partie de la recherche archivistique des collections ethnographiques du musée du quai Branly-Jacques Chirac, du Pitt Rivers Museum d’Oxford et du musée d’Ethnographie de Genève, collections avec lesquelles j’ai un engagement reconnu. De plus, je travaille sur un scénario de théâtre expérimental appelé GABAN, qui en Wiradjuri signifie « étrange ». Le scénario est un dialogue et une ballade d’amour entre le Powerful Objects, comprenant la section d’arbre sculpté, d’autres objets culturels, une photographie ethnographique et une lettre du XIXe siècle écrite par un colon en Australie décrivant un massacre.

Dineo Seshee Bopape

Artiste, Afrique du Sud

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Dineo Seshee Bopape

Artiste, Afrique du Sud, 1981

Dineo Seshee Bopape est née un dimanche de 1981. Le Boeing 767 effectue son premier vol et Umkonto We Sizwe mène de nombreuses attaques de sabotage contre le régime de l’apartheid. Un tremblement de terre fait une cinquantaine de morts en Chine ; des ONG internationales se réunissent à Genève pour une conférence sur les populations indigènes et leurs terres. Le terme « Internet » fait son apparition pour la première fois ; Hosni Moubarak est élu président de l’Égypte ; un coup d’État a lieu au Ghana ; Diana épouse le prince Charles en Grande-Bretagne ; Bob Marley disparaît ; l’Angola sombre dans l’apartheid ; le SIDA est identifié/créé/nommé ; Salman Rushdie publie son livre « Les Enfants de minuit » ; l’épave du Titanic est retrouvée ; Mohamed Ali prend sa retraite ; les ordres de bannissement de Winnie Mandela sont renouvelés pour 5 ans ; le premier bébé-éprouvette naît ; Thomas Sanakara se rend à vélo à la première réunion de son cabinet ; le Machu Picchu est classé au patrimoine mondial ; sa grand-mère paternelle meurt de démence ; cette année-là, des millions de personnes ont versé des larmes (pour diverses causes), ont prononcé des mots dans de nombreuses langues et des milliards de personnes ont rêvé… Certaines choses ont continué, certaines ont évolué et d’autres ont pris fin (?). La population mondiale s’élevait alors à environ 4,529 milliards d’êtres humains… aujourd’hui, Bopape fait partie de 7 milliards d’êtres humains et mérite de nombreux qualificatifs ». Elle est lauréate du Future Generation Art Prize 2017 ainsi que du Sharjah Biennial Prize 2017. Elle est représentée par les galeries Sfeir-Semler (Beyrouth) et Bendana Pinel (Paris).

Le projet : Vibe: Sa lerole ke kosha

Je veux faire des recherches liées à la terre, un de mes éléments préférés. Depuis plusieurs années, j’explore cet élément (la terre) sous différents angles et à travers différentes perspectives qui sont intimement liées au socio-politique : les histoires de la possession et de la dépossession des terres, les histoires socio-économico-politiques de l’exploitation minière de divers types (minéraux, métaux, nutriments…) et ses implications sur notre corps collectif et sur le corps de la terre. Je vais étudier les éléments de base, les minéraux, les composés et rechercher leurs énergies, leurs résonances, et les traduire en chansons. La recherche prendra la forme d’une chanson : faire une chanson de la terre, faire des chansons pour la terre et l’enregistrer dans différents endroits.

Akram Zaatari

Photographe et vidéaste, Liban

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Akram Zaatari

Photographe et vidéaste, Liban, 1966

Né en 1966, Akram Zaatari a produit plus de 50 films et vidéos. Tous ont en commun le souci de raconter des histoires et explorent une série de thèmes, de sujets et de techniques touchant à la recherche historique, à la résistance politique, à la vie des anciens militants, à l’héritage d’une gauche épuisée, à la diffusion d’images en temps de guerre et au jeu de tensions inhérent aux lettres qui ont été perdues, trouvées, enterrées, découvertes, ou qui sont arrivées en retard. Zaatari a contribué de manière déterminante au développement formel, intellectuel et institutionnel de la scène artistique contemporaine beyrouthine. En tant que co-fondateur de l’Arab Image Foundation (1997), il a contribué très largement et sans compromis à élargir la réflexion sur la préservation et les pratiques d’archivage. Artiste parmi les plus importants de la scène libanaise, ayant représenté le Liban à la Biennale de Venise en 2013, Akram Zaatari est représenté par les galeries Sfeir-Semler (Beyrouth), Thomas Dane (Londres) et Kurimanzutto (Mexico).

Le projet : FATHER AND SON

Le projet FATHER AND SON se penche sur deux missions archéologiques qui ont eu lieu à Sidon au milieu du XIXe siècle et qui ont conduit à la découverte de deux sarcophages appartenant à un père et son fils, les rois Eshmouazar II (aujourd’hui à Paris) et Tabnit (aujourd’hui à Istanbul). Le projet consiste à réunir, possiblement dans un même espace, mais peut-être symboliquement ou même virtuellement, les deux sarcophages à travers une œuvre d’art. Le projet cherche des alternatives à la restitution. Cela passera d’abord par une numérisation des sarcophages en 3D, puis leur impression et, espérons-le, leur exposition ensemble pour raconter l’histoire de leur séparation.

Fátima Rodrigo Gonzales

Artiste, Pérou

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Fátima Rodrigo Gonzales

Artiste, Pérou, 1987

L’œuvre de Fátima Rodrigo, née en 1987, aborde la représentation du modernisme et de l’identité de genre à travers différents courants, tels que l’architecture, l’art moderne et la culture pop. Elle a étudié les arts visuels à l’Université pontificale catholique du Pérou et a obtenu la bourse Mundi à Flora ars+natura en 2017. En 2018, elle a participé au programme de résidence Gasworks à Londres grâce à la bourse Artus. Elle a également pris part au programme de résidence Flux Faxtory à New York en 2015. Son œuvre a été exposée dans diverses institutions et lors de différents événements dans le monde entier, notamment : La Biennale de Sydney en 2020 ; Ars Electronica en 2020 ; le musée d’Art de Lima (MALI) ; la galerie 80m2 Livia Benavides ; le Condo Shanghai en 2019 ; le Festival international de Glasgow ; le Proyecto AMIL ; le Musée de la mode et du textile de Londres ; le musée de la ville de Queretaro au Mexique ; le centre culturel Matucana 100 ; la Bienal Sur ; la Bienal Tropical ; le musée d’art contemporain d’Anvers (MuHKA) ; la Biennale de Dresde et la Hamburger Bahnhof, entre autres. Elle est représentée par la galerie 80m2 Livia Bénavidès (Lima).

Le projet : Vital infrastructures: rethinking the modern through subaltern technologies

« La recherche technologique s’est intégrée à ma démarche artistique par un questionnement sur la notion universelle de technologie et sur les graves conséquences environnementales que l’exclusion des pratiques indigènes des processus de développement officiels a eu, et continue d’avoir. Dans le contexte d’une crise sanitaire mondiale qui continue à exacerber les inégalités sociales et environnementales, je propose de consacrer la période de résidence à la mise en valeur des évolutions technologiques indigènes dans le domaine de la construction. Je me concentrerai sur l’examen d’infrastructures à grande échelle qui utilisent des systèmes souples et considèrent la biodiversité comme un outil de construction. Dans le cadre de cette recherche, je réaliserai une série de travaux portant sur ces systèmes et matériaux de construction en les associant visuellement et symboliquement aux pratiques occidentales considérées universellement comme des avant-gardes telles que l’architecture moderne, l’art contemporain et l’innovation scientifique. Le projet Vital Infrastructures veut rompre avec l’idée que les pratiques indigènes sont primitives et étrangères au développement des nouvelles technologies. En complément, je concevrai et développerai un jeu vidéo de plateforme en ligne que le public pourra télécharger gratuitement. Ce projet aborde la situation précaire des militants écologistes indigènes en Amérique latine. »

Charwei Tsai

Artiste, Taïwan

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Charwei Tsai

Artiste, Taïwan, 1980

Charwei Tsai est née en 1980 à Taipei, à Taïwan, où elle vit et travaille actuellement. Elle a participé à des expositions et des biennales internationales, notamment au Green Island Human Rights Art Festival de Taïwan (2020), à la Biennale de Jogja (2019) ; Centre for Chinese Contemporary Art (CFCCA), Manchester, Royaume-Uni, la Hayward Gallery, Southbank Centre, Londres; Institut d’art contemporain, Villeurbanne / Rhône-Alpes, France (deux projets solo de 2017), Biennale de Sydney (2016), Mori Art Museum, Tokyo (2015); Centre Pompidou-Metz, France (2014), Biennale de Sharjah (2013), Millennium Magazines au MoMA, New York (2012), 6e Triennale Asie Pacifique (2009), Centre Pompidou, Paris (2008)…. En plus de son activité artistique, elle publie depuis 2005 Lovely Daze, une revue indépendante. La totalité des numéros de Lovely Daze figurent dans les collections des bibliothèques de la Tate Modern à Londres, du Centre Pompidou à Paris, du MoMA à New York et du MACBA à Barcelone. Elle est représentée par la galerie Mor Charpentier (Paris).

Le projet : Touching the Earth

1. Comment la science et la technologie nous permettent-elles de ralentir ? 2. Comment la science et la technologie nous permettent-elles de toucher la terre ? 3. Comment la science et la technologie nous permettent-elles de croire en la nature infiniment bienveillante de tous les êtres humains ? 4. Comment la science et la technologie nous permettent-elles de nous défaire de notre habitude qui consiste à nous définir comme des entités constantes et indépendantes ? Ce sont là les principaux sujets que je souhaite aborder lors de ma résidence à la Cité des Arts par le biais de Lovely Daze, une revue d’art indépendante que je publie depuis 2005, et du Forum for Radical Imagination on Environmental Cultures (FRIEC), la branche parisienne de la plateforme en ligne The Nature of Cities (TNOC) dédiée à la conception de villes favorisant la relation entre l’homme et la nature urbaine par le biais de l’art et de la collaboration créative, interculturelle et interdisciplinaire dont je fais partie depuis le début de l’année 2020.

Mohssin Harraki

Artiste, Maroc

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Mohssin Harraki

Artiste, Maroc, 1981

Mohssin Harraki, né à Assilah (Maroc) en 1981, est un artiste pluridisciplinaire dont le dessin, la vidéo, l’installation et la photographie sont autant de moyens d’interroger les enjeux sociaux et politiques. L’artiste questionne à la fois la construction culturelle et les mécanismes de constitution de la mémoire et de l’imaginaire collectif. Il s’intéresse à des mécanismes de constitution de la mémoire et de l’imaginaire collectif. Il s’intéresse à des sujets tels que la généalogie, la transmission du pouvoir et l’éducation. Dans ses installations, il explore également les thèmes de l’histoire, de l’écriture et de l’image, notamment dans son exposition «illusions: la présence de l’image contribue à sa disparition» à la Galerie Imane Farès. Son travail a été présenté dans de nombreuses institutions dont le Centre Pompidou, Paris-France en 2020; Frac Nouvelle-Aquitaine MECA, Occitane-France en 2020; Beyrouth Art Center, Beyrouth-Liban en 2019; Exposition collective à la Castelli Gallery de New York en 2019, à la biennale de Dakar, Sénégal en 2018, au Hessel Museum of Art, au Gwangju Museum of Art, Corée du Sud en 2014 et en 2013 il présente son projet « Absence-présence, deux fois » en duo avec Joseph Kosuth à la galerie Imane Fares (Paris). Il est représenté par la galerie Imane Farès (Paris).

Le projet : Image interdite/image manquante

Mon projet de résidence est une recherche sur la naissance de la photo, la passage à l’image et sa circulation. Dans le projet Image interdite / image manquante, j’essaye de remettre en question l’interdiction de l’image et le degré de manque qu’elle produit, tout en évoquant les moyens de production des archives et ses rapports avec l’Histoire dans son contexte marocain et dans celui des pays arabes en général. Je m’intéresse au rapport à l’histoire de l’interdiction de l’image dans les pays arabes, une histoire à imaginer à partir des mots, de l’absence, de l’invisible, du manque d’image. Y a-t-il une rencontre possible avec le vide a partir des mots? Image manquante n’est pas simplement l’absence de quelque chose qui en relève peut-être la nature réelle, mais cette image absente en tant qu’elle. Parler d’une image à travers une autre image sans prendre d’image, par exemple prendre une photo d’un photographe qui photographie le photographe qui prend la photo (image), c’est comme de parler du troisième témoin d’une photo.

Maya Minder

Artiste, Suisse

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Maya Minder

Artiste, Suisse, 1983

Maya Minder, née en 1983, vit à Zurich, est une artiste performeuse et féministe, qui mène des recherches sur l’importance des microbes dans la vie quotidienne et la cuisine. Elle œuvre à l’épanouissement des communautés et à la découverte des plaisirs culinaires. Tout comme la notion de culture, celle de la gastronomie trouve ses racines dans un contexte agricole et elle intègre désormais des concepts liés à la connaissance dans ses recherches. Elle a reçu plusieurs prix et nominations : Kadist Award, Pro Helvetia, Pax Award. Elle a aussi été exposée dans plusieurs expositions et festivals nternationaux : Ars Electronica, AEGardens2020, Autriche, Piksel Spill Fest, Norvège, Kunsthalle Zurich, Klöntal-Triennale, Food Culture Days, Suisse. Son œuvre se focalise sur la question de l’alimentation et de notre relation à la terre. Le sujet de l’alimentation est devenu central, car il est lié à la politique sociale et à l’économie, et est enfin reconnu comme un patrimoine culturel humain et un élément d’alchimie. Le fait de se nourrir pour assimiler des nutriments n’est pas seulement une activité physique, mais nous contraint également à adopter des habitudes quotidiennes et à procéder à des échanges inter-espèces et microbiens, et à actualiser sans cesse le processus.

Le projet : Green Open Food Evolution

Avec Green Open Food Evolution, une initiative dans le domaine de la nutrition pour une co-évolution endosymbiotique afin de devenir Homo photosynthétique, je souhaite proposer un projet de recherche artistique pour la résidence. La recherche est ouverte et ce projet de recherche devrait aboutir à un livre de cuisine présentant un possible programme diététique, accompagné de conférences, d’ateliers et de dîners-performances sur le thème de l’Homo-photosynthèse. Le projet sera développé en collaboration avec le projet de recherche artistique interdisciplinaire  » Roscosmoe – The worm that wanted to go into space  » initié par Ewen Chardronnet et les biologistes marins Xavier Bailly et Gaëlle Correc (chercheurs à la Station biologique de Roscoff, Finistère – CNRS Sorbonne Université).

Sara Ouhaddou

Artiste, France

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Sara Ouhaddou

Artiste, France, 1986

Née en France, en 1986, d’une famille marocaine, la double culture de Sara Ouhaddou façonne sa pratique artistique comme un langage continu. Débutant sa carrière comme créatrice de mode, elle développe ensuite une pratique plus artistique et sociale, abordant les défis rencontrés par les artisan.e.s marocain.e.s. Elle questionne le rôle de l’art comme outil de développement économique, social et culturel, tout particulièrement dans le monde arabe. En nous faisant partager ses interrogations sur les transformations de son héritage, elle met en tension les arts traditionnels marocains et les codes de l’art contemporain afin de mettre en perspective des réalités culturelles oubliées. Elle a participé aux expositions suivantes : Islamic Art festival, Sharjah (2017-2018), Crafts Becomes Mordern, Bauhaus Dessau Fondation (2017) ; la Biennale de Marrakech (2016). Ses expositions monographiques ont été présentées au Moulin d’Art Contemporain de Toulon (2015) ; à la Gaité Lyrique, Paris (2014) ; et à l’Institut Français de Marrakech (2014). Parmi les prix qu’elle a reçus : Arab Fund for Art and Culture (2014) ; et Un Pourcent Art Contemporain NYC, Projet Little Syria (2017). Elle est représentée par la galerie Polaris (Paris).

Le projet : Des Autres

Des Autres est une recherche qui concerne à la fois l’ensemble des figures divines, humaines ou monstrueuses brassées par les systèmes des peuples antiques Amazighs* d’Afrique du nord. Et parallèlement, l’histoire de la typologie des lieux de savoirs: les bibliothèques, les médiathèques et les Musées. Cette étude géographique croisée, à travers le temps, entre l’Europe et l’Afrique du Nord a pour vocation de me permettre de construire une œuvre comme un nouvel espace matériel, immatériel ou performatif qui viendrait se superposer à tous les autres connus. En mettant la lumière sur la mythologie Amazigh, j’aimerais interroger de manière plus large, nos espaces de savoirs et de transmissions.

Hamedine Kane

Artiste, cinéaste, Mauritanie

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Hamedine Kane

Artiste, cinéaste, Mauritanie, 1983

Hamedine Kane, artiste et réalisateur sénégalais et mauritanien, vit et travaille entre Bruxelles et Dakar. A travers sa pratique, Kane fréquente les frontières, non pas comme des signes et des facteurs d’impossibilité, mais comme des lieux de passage et de transformation, comme un élément central dans la conception de l’identité itinérante. Il utilise des mots et des images pour mettre en évidence les notions d’exil, d’errance et de mouvement mais aussi pour remplacer le temps politique par le temps de la vie. Il a développé un intérêt marqué pour la mémoire et le patrimoine qui se reflète dans L’Ecole des Mutants avec Stéphane Verlet-Bottero, un projet de recherche qui mêle passé et futur, transgressant et irriguant les limites de l’espace et du temps. Les dernières œuvres de Kane ont été exposées lors de la dernière Biennale Dak’art sous la direction de Simon Njiami, à la Documenta 14 : « Every Time A Ear Di Sound » organisée par Bonaventure Soh Bejeng Ndikung, Elena Agudio et Marcus Gammel. En 2018, son travail a fait l’objet d’une exposition personnelle à Mumbai à la Clark House Initiative, curatée par Sumesh Sharma avec qui il a poursuivi une collaboration au Showroom de Londres. En 2018, Kane a également exposé à la FIAC et à La Colonie à Paris. Kane a participé à la Taipei Biennale 2020, il fera partie de la Biennale de Casablanca 2021. Son film The Blue House a reçu une mention spéciale du jury à l’IDFA à Amsterdam en 2020.

Le projet : Trois Américains à Paris

Mon intérêt pour la littérature et l’objet livre, comme vecteur de création dans ma pratique artistique, vient avant tout de mon ancien métier de bibliothécaire au Sénégal et en Mauritanie. Par la suite, cette expérience est devenue un marqueur important dans ma pratique artistique. Dans ce même mouvement, j’ai commencé à m’intéresser également à l’influence que la littérature africaine, afro-américaine et afro-diasporique et ses auteurs peuvent avoir, comme source d’inspiration pour les générations actuelles dans leurs engagements d’aujourd’hui :politiques sociaux, et environnementaux. la résidence me permettra de poursuivre cette recherche et de créer une nouvelles série autour de cette littérature. Il se trouve que les trois écrivains américains qui m’intéressent pour entamer cette nouvelle recherche-création (Richard Wright, Chester Himes et James Baldwin), à la suite de la Série « Salesman Of Revolt » (2018), ont vécu et créé une grande partie de leur œuvre à Paris. Les œuvres des trois américains ont étaient pour moi une source d’inspiration, un grand réconfort pendant toute la période de mon exil européen. Je crois savoir qu’ils l’ont été pour beaucoup d’autres avant moi.

Programme DUO

Maarten Vanden Eynde et Oulimata Gueye

Artiste et critique et commissaire d’exposition, Belgique et Sénégal

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Maarten Vanden Eynde

Artiste, Belgique, 1977

Maarten Vanden Eynde est un artiste plasticien établi à Bruxelles (Belgique) et à Saint-Mihiel (France). Il a obtenu son diplôme auprès de la filière Médias libres de l’Académie Gerrit Rietveld à Amsterdam (NL) en 2000, a participé à la MSA Mountain School of Arts à Los Angeles (USA) expérimentale en 2006 et a suivi une formation de troisième cycle en 2009 à l’Institut supérieur des Beaux-Arts HISK de Gand (BE). Son travail porte sur des projets de recherche à long terme traitant de nombreux sujets à portée sociale et politique tels que le post-industrialisme, le capitalisme et l’écologie. En 2005, il a fondé avec Marjolijn Dijkman Enough Room for Space (ERforS), une initiative artistique interdépendante qui organise des événements, des résidences, des projets de recherche et des expositions dans le monde entier. Son œuvre se situe très exactement à la frontière entre le passé et l’avenir ; tantôt tournée vers l’avenir du passé, tantôt tournée vers le passé de l’avenir. Il est représenté par la galerie Meessen de Clercq (Bruxelles).

Oulimata Gueye

Critique et commissaire d’exposition, Sénégal

Oulimata Gueye est une critique d’art et commissaire d’exposition qui vit à Paris (FR). Elle étudie l’impact de la technologie numérique sur la culture populaire urbaine en Afrique. Elle s’intéresse notamment au potentiel de la fiction pour développer une analyse critique et des prises de position alternatives. Elle est titulaire d’un Master en management culturel délivré par l’Université Paris 8 et a étudié l’art et les langues à l’École des Hautes Études en Sciences Sociales de Paris (FR). De 2020 à 2023, elle sera le conseiller externe de Maarten Vanden Eynde pour sa candidature au doctorat dans le cadre du projet de recherche artistique « Matter, Gesture, Soul » à l’université de Bergen en Norvège.

Le projet : Ars Memoriae

Le projet « Ars Memoriae » prend comme point de départ le site mésolithique peu connu de Fontainebleau et s’ancre dans une recherche plus large sur les formes matérielles de la mémoire et les enjeux contemporains de l’archéologie, notamment au regard de la place qu’elle à faite au continent africain où se trouvent les vestiges les plus anciens de la présence humaine sur Terre. En étudiant différentes façons de se souvenir, il s’agira d’imaginer / de spéculer sur / quels pourraient être les vestiges matériels qui survivraient à la société contemporaine dans le but de proposer un récit historique alternatif.

Mélanie Pavy et Sophie Houdart

Artiste cinéaste et anthropologue, France

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Mélanie Pavy

Artiste et cinéaste, France, 1977

Mélanie Pavy est artiste, cinéaste et chercheure. Pour son premier long-métrage, Cendres (co-réalisé avec Idrissa Guiro et sorti en salle en 2015) elle sera pensionnaire de la Villa Kujoyama à Kyôto durant 7 mois. En octobre 2020, elle soutient dans le cadre du doctorat SACRe de l’université PSL, au sein de la Fémis et de l’École Normale Supérieure de Paris, une thèse pratique en cinéma sur la vie dans un monde dégradé et sur la perspective de sa disparition. Les installations et vidéos issues de ce travail sont montrées dans des expositions personnelles et collectives au BAL, à la Galerie des filles du Calvaire, au Centre Georges Pompidou, à la Grande Halle de la Villette, au 116 à Montreuil ou encore la Fémis. A travers son travail elle interroge notre capacité à penser et à mettre en récit la perte, jusque dans son corollaire ultime, celui de la fin d’un monde humain.

Sophie Houdart

Anthropologue, France, 1971

Sophie Houdart est anthropologue, directrice de recherche au CNRS (Laboratoire d’Ethnologie et de Sociologie Comparative). Spécialisée sur le Japon, elle a réalisé plusieurs enquêtes sur le thème de la création et de l’innovation, dans les champs des sciences, de l’art ou de l’architecture. Depuis 2012, elle enquête dans le département de Fukushima, sur la vie après la triple catastrophe de mars 2011. Sur cette question, elle travaille en collaboration avec un collectif hybride, Call It Anything, qui regroupe plusieurs chercheurs et artistes autour d’expérimentations croisées portant sur les thèmes du trouble, du territoire abîmé, de la radioactivité, de la recomposition des existants.

Le projet : Fukushima : reprises

Entre campagne de fouille et séance de montage, et sous l’oeil bienveillant de deux figures tutélaires, Alexander von Humboldt (1769-1859) et Matsuo Bashô (1644-1694), notre projet « Fukushima : Reprises » consistera à nous ressaisir de la masse de données rapportée de nos voyages dans une région sinistrée par la catastrophe nucléaire de mars 2011 au Japon. En nous concentrant sur ce qui ne s’est pas dit, ce qui a été à peine vu mais qui est néanmoins noté, ce qui s’est esquissé sans devenir saillant, ce qui persiste, enfin, une fois que le texte est écrit et le film tourné, nous chercherons à comprendre comment se trame un savoir commun sur un réel qui n’en finit pas d’échapper et apprendre, encore, comment l’augmenter, le faire durer, en le réouvrant et en le risquant au contact des autres.

Deuxième session – à partir de septembre 2021

Le comité de sélection

Le comité de sélection est composé de grandes personnalités du monde de l’art et de la recherche.

Vinciane Despret

Philosophe des sciences, professeure à l’Université de Liège et à l’Université Libre de Bruxelles (Belgique)

Philosophe et psychologue, Vinciane Despret enseigne au département de philosophie de l’université de Liège. Passionnée par l’éthologie, elle en a fait son objet de recherches. Elle relatera son premier terrain avec les oiseaux en 1996 dans Naissance d’une théorie éthologique : la danse du cratérope écaillé. Suivront d’autres publications, et notamment Bêtes et Hommes (suite à l’exposition éponyme dont elle a assuré le commissariat scientifique à la Grande Halle de la Villette en 2007-2008) ; Etre bête, co-écrit avec Jocelyne Porcher, Les faiseuses d’histoires avec Isabelle Stengers; Penser comme un rat; Que diraient les animaux si on leur posait les bonnes questions ?. Son dernier livre, Habiter en oiseau, étudie la question des territoires. Le fil rouge qui conduit ses enquêtes est la question des bons dispositifs de recherches : comment arrive-t-on (ou non) à rendre les êtres intéressants ?

© Sylvère Petit

Koyo Kouoh

Directrice générale et conservatrice en chef du Zeitz MOCAA (Afrique du Sud)

Nommée directrice exécutive et conservatrice en chef du Zeitz MOCAA au Cap en mars 2019, la Camerounaise Koyo Kouoh a déjà fait forte impression en lançant un ambitieux programme de symposiums, de conférences et de commissions ainsi qu’en supervisant un sondage pour la première exposition en Afrique du Sud de l’artiste nigérianne Otobong Nkanga. Auparavant, Koyo Kouoh était la directrice artistique de la RAW Material Company, un espace d’exposition et une résidence d’artistes à Dakar qu’elle a fondé en 2008. En tant que conservatrice indépendante, Koyo Kouoh a organisé des expositions à l’échelle internationale – dont une exposition itinérante de groupes d’œuvres de femmes artistes africaines, dont Nkanga et Tracey Rose, qui ont fait leurs débuts à Wiels (Bruxelles) en 2015 ; la 37e EVA internationale à Limerick en 2016 ; et ‘Dig Where You Stand’, une exploration des histoires coloniales représentées par des objets des collections des Carnegie Museums de Pittsburgh, en 2018. Koyo Kouoh a également fait partie des équipes de conservateurs pour les Documenta 12 et 13 (2007/12) et a écrit et publié de nombreux ouvrages critiques, dont le prochain Breathing Out of School : The RAW Académie et Rapport sur l’état de l’histoire de l’art en Afrique, tous deux co-édités avec Ugochukwu-Smooth C. Nzewi et al.

© Zeitz MOCAA

Christine Macel

Conservatrice générale du patrimoine. Cheffe du Service Création contemporaine et prospective au Mnam Centre Pompidou (France)

Historienne de l’art et commissaire d’exposition, Christine Macel est conservatrice cheffe du service Création contemporaine et prospective au Centre Pompidou depuis 2000, où elle a réalisé de nombreuses expositions. Elle a été directrice de la Biennale d’art de Venise 2017 ‘Viva Arte Viva’. Son essai « Le Temps Pris » a été publié en 2020 aux Editions Champs d’art Flammarion. Co-commissaire de « Global(e) Resistance » au Centre Pompidou en 2020 elle prépare l’exposition « Elles font l’abstraction/Women in abstraction » au Centre Pompidou (mai 2021) et au Guggenheim de Bilbao (Octobre 2020).

© Jean-Claude Planchet

Hans-Ulrich Obrist

Directeur artistique des Serpentine Galleries à Londres (UK)

Hans Ulrich Obrist, né en 1968 à Zürich (Suisse), est le directeur artistique des Serpentine Galleries à Londres. Il était, auparavant, commissaire du musée d’Art moderne de la Ville de Paris. Depuis sa première exposition « World Soup » (The Kitchen Show) en 1991, il a organisé plus de 300 expositions. Obrist a donné des conférences internationales au sein d’académies et d’institutions d’art. Il est rédacteur en chef des magazines Artforum, AnOther Magazine, Cahiers d’Art et 032C. Il écrit également des chroniques pour Das Magazin et Weltkunst. Obrist a reçu, en 2011, le CCS Bard Award for Curatorial Excellence, et en 2015, le Prix international Folkwang pour son engagement en faveur de l’art. Parmi ses publications récentes figurent Ways of Curating (2015), The Age of Earthquakes (2015), Lives of the Artists, Lives of Architects (2015), Mondialité (2017), Somewhere Totally Else (2018) et The Athens Dialogues (2018).

© Tyler Mitchell

Nataša Petrešin-Bachelez

Commissaire d’exposition interdépendante, éditrice et critique d’art

Nataša Petrešin-Bachelez est commissaire d’exposition interdépendante, éditrice et critique d’art. Parmi les expositions dont elle a assuré le commissariat, on compte Contour Biennale 9: Coltan as Cotton (2019, à Malines), Defiant Muses: Delphine Seyrig and the Feminist Video Collectives in France (1970s-1980s) aux musées LaM de Lille et Reina Sofía de Madrid (2019, avec Giovanna Zapperi), Show me your archive and I will tell you who is in power à la galerie d’art Kiosk de Gant (2017, avec Wim Waelput), Let’s Talk about the Weather au musée Sursock de Beyrouth et au Times Museum de Guangzhou (2016 et 2018, avec Nora Razian), Resilience. U3 – Triennial of Contemporary Art en Slovénie au musée d’art contemporain (MSUM) de Ljubljana (2013). Nataša Petrešin-Bachelez a par ailleurs été codirectrice des Laboratoires d’Aubervilliers de 2010 à 2012. Elle est rédactrice en chef du magazine Versopolis Review, et a été rédactrice en chef du Manifesta Journal de 2012 à 2014 et de L’Internationale Online de 2014 à 2017. Nataša Petrešin-Bachelez a été commissaire d’exposition du projet Not Fully Human, Not Human At All, organisé par KADIST à Paris de 2017 à 2020, dont l’exposition finale se tiendra à l’Association d’arts de Hambourg, en collaboration avec Bettina Steinbrügge. Elle a par ailleurs fondé avec Elena Sorokina une Initiative for Practices and Visions of Radical Care. Enfin, avec Patricia Falguières et Elisabeth Lebovici, elle dirige le séminaire Something You Should Know à l’EHESS, à Paris.

© Hervé Bachelez

Philippe Vergne

Directeur du musée d’art contemporain de Serralves (Portugal)

Philippe Vergne dirige le musée d’art contemporain de Serralves, à Porto, depuis avril 2019. De 2014 à 2018, il a été directeur du musée d’art contemporain (MOCA) de Los Angeles. Auparavant, il a supervisé pendant cinq ans la fondation DIA à New York, après avoir été directeur adjoint et conservateur en chef du Walker Art Center de Minneapolis. De 1994 à 1997, Philippe Vergne a assuré la direction du musée d’art contemporain de Marseille (MAC).